dim.

02

déc.

2018

Ce matin, je te dirais ...

A toi l'enfant que je n'ai pas fait. Ce matin, je te dirais. Qui triomphe de qui ? Quand tout est violence, affrontement, vitrines cassées, bombes lacrymogènes et cris. Comment va Paris ? Je te citerais Gandhi. " Sois le changement que tu veux voir dans le monde ". Sois la tendresse, la douceur et la lucidité en résistance. Les gilets jaunes s'en prennent au pouvoir central dénonçant le ras le bol des inégalités et l'asphyxie des porte-monnaie. Soyons lucides, les politiques ne sont que les pantins d'une économie mondialisée. L'être humain prospère sur un système qui tue la terre : agriculture intensive, disparition massive des espèces, pollution des sols, de l'eau, de l'air. Asphyxie de son nid. La violence est de plus en plus visible car cette violence est intrinsèque au système. Les marchés financiers anticipent la rumeur. Leurs prévisions n’ont rien d’une prévention pour le bien être commun. Ils jouent avec des valeurs boursières et non morales. La résultante n’en est pas, pour autant, excusable car ils imposent leur pouvoir précoce aux Etats ainsi gainés dans l’envergure de leur gérance. Le monde est gouverné par un emballement de tapages, une frénésie d’échanges impalpables. Plus aucun cordon ne borne l’empire du pire. A toi l'enfant que je n'ai pas fait. Ce matin, je te dirais. Il faut regarder cette violence en face car elle ne fera qu'augmenter. Ne sois pas l'autruche à laquelle pousse des dents pour défendre sa part de gâteau pollué. Les hommes deviennent plus agressifs car la misère est à leur porte. Résultante d'une économie carnassière, elle meurt dans la mer cette misère. Elle dort au pied de ton immeuble dans le froid. Et tu n'en veux pas. Tu veux réduire tes taxes. Penser que la fête ne sera jamais terminée. Et si on pensait déjà à remercier. J'aimerais voir les gens descendre dans la rue pour honorer ce qu'ils ont déjà. La gratitude de l'eau au robinet, de la pièce décorée et chauffée, de cette capacité de pouvoir parler en direct à un ami à l'autre bout de la planète, d'être soigné, d'avoir voyagé. Qui remercie pour ça ? A quand les défilés de gratitude ? Pour dire, oui ici j'ai eu la chance d'une vie facile alors que des milliers d'êtres humains ont grandi dans des bidonvilles. Mais on regarde toujours la part du verre vide et le nid est bel et bien en train de cuire, avec son lot de vipères qui essaient de mordre. Il y a quelques années, j'écrivais les fragments d'une poésie urgente en alertant : En 2050, nous serons 9 milliards à se partager la même planète déjà éreintée, polluée par notre voracité, nos forages, curages de toutes parts pour lui extirper le magot des matières premières. Ces entailles indélébiles ne se refermeront pas et n’offriront plus rien, même plus loin. Mais nos besoins ne déclineront pas. La faille Nord Sud s’accentuera en précipice d’inégalités honteuses. Des flux migratoires, réfugiés de catastrophes climatiques ou d’une inexorable misère trouveront frontières closes. Déferlement des plus démunis et autarcie des plus avertis. La faille béante saignera d’une colère de survie. Comment rallier nos lucidités diffuses pour l’empêcher ? Nous y sommes déjà. Hélas. Et il va falloir apprendre à décroître, à partager, à croître en défendant des valeurs plus nobles. Sans honorer la vie qui nous compose et qui nous entoure. Sans la dimension spirituelle et sacrée de la vie, nous courons à l'extinction. A toi l'enfant que je n'ai pas fait, ce matin je te dirais : une société qui n’écoute pas ses poètes et ses artistes est une société totalitaire du gain économique qui s’auto-consumera. Alors change ta manière de vivre, de te vêtir, de te nourrir. Sois conscient de tous tes gestes. Honore la terre-mère. Chante ses vibrations et clame des poèmes ! Ose cette cause noble qui est de sauver la beauté et la tendresse. Agis pour contrebalancer cette violence. Dans l'énergie qui compense. Si un énergumène gavé de haine idiote brûle une voiture, réserve un coin de nature pour construire un jardin biologique. Face à l'incendie, plante la vie. Si d'autres t'insultent, fais silence et va dire à un quelqu'un que tu l'aimes. Si tu as moins d'argent, donnes-en à un être plus pauvre que toi. Ne pense jamais que répondre à la violence par la violence est un chemin. C'est un ravin. Reste digne. Debout. Contre la violence. Dans l'amour. Toujours !

© Juliette Mouquet

lun.

01

oct.

2018

Tournée en Argentine et au Brésil

mar.

21

août

2018

Un bel article écrit par Michel Loetscher

Juliette Mouquet, la raison poétique

 

« Il n’y a pas de poème sans destinataire » disait Antonin Artaud, cité par Juliette Mouquet pour qui « les routes sont des carnets et les carnets des routes ».

 

Entre les paysages traversés du monde qu’elle arpente avec la ferveur des croyants et les visages sur lesquels elle se pose, la poétesse-voyageuse tend comme des fils d’araignée – rien que de ténus fils de Soi(e) tissés au fil des rencontres, d’Alsace en Amazonie, par une délicate poésie à l’air libre :

 

Les jours sont des routes

Nous sommes rattrapés

Par ce que nous ne sommes pas

 

En juin 2014, elle a quitté ce qui fait une vie tout confort (dont un emploi d’ingénieur sanitaire) pour suivre sa raison poétique au long d’un dévorant chemin initiatique dans ce vaste monde vécu comme un chatoyant tissage de fables et de poèmes. Histoire de cerner l’indicible, de rendre visible un peu de l’irreprésentable, de capter la musique de ce qui est et de donner visage à tout l’inconnaissable possible. Les routes, les déroutes et les fables, ce n’est pas ce qui manque dans le monde, à commencer par celle du big-bang qui en chevauche bien d’autres, comme sur cette « île en forme de larme versée à la pointe de l’Inde » où la poétesse sent, sous la trompe d’un éléphant, sa finitude s’étirer jusqu’aux confins de l’inconnaissable : « L’univers se détend et donne le secret de son expansion à travers deux vies qui se relient. Le monde a tant besoin d’être cajolé dans ses longs silences et sa mémoire d’éléphant. »

Embarquée en poésie au sens pascalien du terme, Juliette Mouquet se suspend à ce qui élève et se recommence, contrairement au QI en chute libre de l’espèce présumée non inhumaine, ainsi qu’elle l’entend à la radio. Celle qui a arpenté les deux hémisphères pour intérioriser la sagesse des cultures et s’incorporer toute la poésie du monde pour en faire le mouvement même de sa vie s’est découvert en sa ville d’Obernai, un matin d’hiver au cœur de la débâcle de l’Occident, un « allié de bienveillance dans le sensible » : « Certains salissent le monde et d’autres le transforment »…

 

Je fais claquer

La bulle de chaque jour

Entre mes doigts

Pour récolter

L’éclair de la joie

 

Si en poésie toute question s’aiguise sur ce qui l’aggrave, il arrive aussi, comme en ce bel été invincible des poétesses, qu’elle se délivre en un éclair d’évidence et d’humanité, à l’instar de celle d’Eluard qui souda ces deux mots : « l’amour, la poésie »…

 

Juliette Mouquet, La Poésie vagabonde – Carnets de routepoèmes et photographies, éditions du Tourneciel, collection « Le Miroir des échos », 28 €

mar.

10

juil.

2018

L'art au vert à Goxwiller

jeu.

28

juin

2018

Une belle reconnaissance